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Fiscalité Claire

Droits de succession pour un neveu ou une nièce : 55 % sur presque tout

Hériter d’un oncle ou d’une tante coûte cher : 7 967 € d’abattement seulement, puis 55 % sur tout le reste. Sur 100 000 € reçus, il en part 50 618. Sauf dans un cas précis, que beaucoup ignorent.

Mis à jour le 4 août 2026 · 6 min de lecture

La réponse en deux chiffres

Si vous héritez de votre oncle ou de votre tante, deux nombres suffisent à comprendre ce qui vous attend.

Vous recevez 7 967 € sans rien payer. Au-delà, l’État prend 55 %. Pas de tranches, pas de progressivité : un taux unique qui frappe tout le reste.

C’est l’un des deux régimes les plus lourds du droit français, juste derrière celui des personnes sans lien de famille.

Un abattement, pas une franchise

Les 7 967 € ne sont pas « les premiers euros exonérés puis on verra ». Ils sont simplement retirés du total avant d’appliquer 55 %. Sur une grosse somme, ils ne changent presque rien.

Un exemple complet

Votre tante décède. Elle laisse un appartement et des placements pour 100 000 €, sans dettes. Vous êtes son unique héritier.

ÉtapeMontant
Ce qui vous revient100 000 €
On retire votre abattement7 967 €
Somme imposable92 033 €
Taux applicable55 %
Impôt à payer50 618 €

Il vous reste 49 382 €. Autrement dit, l’État prend un peu plus que vous.

Pour mesurer l’écart : un enfant qui recevrait ces mêmes 100 000 € ne paierait rien du tout. Son abattement de 100 000 € couvre la totalité.

Ce que ça donne selon le montant

Le taux étant unique, la proportion prélevée augmente régulièrement avec la somme — l’abattement pèse de moins en moins lourd.

Somme reçueImpôtCe qu’il vous restePart prélevée
50 000 €23 118 €26 882 €46,2 %
100 000 €50 618 €49 382 €50,6 %
200 000 €105 618 €94 382 €52,8 %

L’exception qui change tout

Il existe un cas, et un seul, où un neveu paie beaucoup moins : la représentation.

Si votre parent — le frère ou la sœur du défunt — est décédé avant lui, vous héritez à sa place. Vous prenez alors sa position dans la succession : vous êtes imposé au tarif des frères et sœurs, soit 35 % puis 45 %, et vous vous partagez son abattement de 15 932 €.

L’écart est considérable. Sur 100 000 € reçus, on passe d’environ 50 618 € à un peu plus de 35 000 € — près de 15 000 € de différence.

Vérifiez ce point avec le notaire

La représentation ne s’applique que si votre parent est décédé avant le défunt. Elle ne joue pas s’il a simplement renoncé à la succession de son vivant, sauf dispositions particulières. Le simulateur ne traite pas ce cas automatiquement : il vous applique le tarif ordinaire des neveux, donc le plus défavorable.

Et le conjoint du neveu ?

C’est une confusion courante dans les familles. L’époux ou l’épouse de votre neveu n’a aucun lien de parenté avec vous au sens fiscal. S’il ou elle reçoit quelque chose par testament, le régime est celui des personnes sans lien de famille : 1 594 € d’abattement, puis 60 %.

Même chose pour un neveu par alliance — le neveu de votre conjoint — sauf s’il a été adopté.

Ce qui peut être fait avant

Après le décès, il n’y a plus rien à faire. Du vivant de l’oncle ou de la tante, en revanche, deux dispositifs prévus par la loi changent complètement l’ordre de grandeur.

L’assurance-vie est de loin le plus efficace. Elle ne fait pas partie de la succession et suit ses propres règles : chaque bénéficiaire reçoit 152 500 € sans impôt pour les sommes versées avant les 70 ans du titulaire, puis 20 %. À comparer aux 55 % des droits de succession, l’écart est énorme — et le neveu n’a pas besoin d’être héritier pour être bénéficiaire.

Les dons espacés : l’abattement de 7 967 € se reconstitue tous les 15 ans. C’est peu, mais sur vingt ans cela représente deux abattements pleins plutôt qu’un.

Attention en revanche à une idée reçue : le fameux « don familial de somme d’argent » exonéré jusqu’à 31 865 € concerne bien les neveux et nièces, mais uniquement lorsque le donateur n’a pas de descendant. Cette condition est souvent oubliée.

Questions fréquentes

Quel est l’abattement pour un neveu ou une nièce en 2026 ?

L’abattement est de 7 967 €. Au-delà, les droits de succession sont dus au taux unique de 55 %, sans progressivité.

Combien paie un neveu qui hérite de 100 000 € ?

Après l’abattement de 7 967 €, la part taxable est de 92 033 €. Les droits s’élèvent à 50 618 €, soit plus de la moitié de la somme reçue. Il reste 49 382 €.

Un neveu peut-il payer moins de 55 % ?

Oui, dans un cas : lorsqu’il hérite en représentation de son parent décédé avant l’oncle ou la tante. Il est alors imposé au tarif des frères et sœurs, soit 35 % puis 45 %, et bénéficie de la part d’abattement de son parent.

Le conjoint d’un neveu paie-t-il les mêmes droits ?

Non, il paie davantage. N’ayant aucun lien de parenté avec le défunt, il ne dispose que de 1 594 € d’abattement et son taux est de 60 %.

D’où viennent ces chiffres

L’abattement de 7 967 € figure à l’article 779, V du code général des impôts. Le taux de 55 % vient de l’article 777, tableau III, qui vise les parents jusqu’au 4e degré. La représentation est prévue aux articles 752 et suivants.

Ces valeurs sont celles de 2026, vérifiées le 3 août 2026. Le détail est sur la page sources, et la façon dont le calcul est mené sur la page méthodologie. Pour un frère ou une sœur, voyez l’article dédié.

Calculez votre situation exacte

Les montants de cet article sortent du même moteur que le simulateur. Entrez vos propres chiffres et vous obtiendrez le détail complet en trois minutes.

Ce résultat est une estimation, calculée à partir de ce que vous avez saisi et des règles fiscales en vigueur. Ce n’est pas un calcul officiel, ni un conseil juridique ou fiscal. Seul un notaire peut établir le montant réel que vous aurez à payer.