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Fiscalité Claire

Flat tax à 30 % ou barème : à partir de quel revenu chacun l’emporte

La flat tax n’est pas systématiquement la moins chère. Sur des dividendes, l’abattement de 40 % et la CSG déductible peuvent faire pencher la balance — mais seulement en dessous d’un certain revenu. Voici où se situe la bascule.

Mis à jour le 15 août 2026 · 7 min de lecture

Deux façons d’être imposé

Depuis 2018, les revenus du capital — dividendes, intérêts, plus-values sur titres — relèvent par défaut du prélèvement forfaitaire unique, la « flat tax ». Mais vous pouvez y renoncer et demander l’application du barème progressif de l’impôt sur le revenu.

Prélèvement forfaitaireBarème progressif
Impôt sur le revenu12,8 % fixesVotre tranche marginale
Abattement sur les dividendesAucun40 %
CSG déductible l’année suivanteAucune6,8 %
Prélèvements sociaux17,2 %17,2 %

Le barème a donc deux atouts que le forfait n’a pas : un abattement de 40 % sur les dividendes, et une fraction de CSG qui viendra réduire le revenu imposable de l’année suivante. Son handicap est évident : si votre tranche dépasse 12,8 %, chaque euro coûte plus cher.

Ce qui ne départage jamais les deux

Les prélèvements sociaux à 17,2 % sont dus dans les deux cas, au même taux, sur la même assiette. Ils n’entrent donc jamais dans la comparaison.

C’est la raison pour laquelle tous les chiffres qui suivent ne portent que sur l’impôt sur le revenu : c’est la seule part qui bouge. Les 30 % du forfait se décomposent en 12,8 % d’impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux ; seule la première moitié est en jeu.

Où se situe la bascule

Prenons une personne seule, sans enfant, qui perçoit 10 000 € de dividendes éligibles à l’abattement. Seul son revenu change d’une ligne à l’autre.

Revenu par ailleursImpôt avec le forfaitImpôt avec le barèmeMoins cherÉcart
20 000 €1 725 €1 404 €Barème321 €
30 000 €3 384 €3 904 €Forfait520 €
60 000 €12 384 €12 904 €Forfait520 €

La bascule se joue au passage de la tranche à 11 % à la tranche à 30 %. En dessous, un euro de dividende n’est imposé qu’à 11 % — et seulement sur 60 % de son montant, soit un coût réel de 6,6 % contre 12,8 % pour le forfait. Au-dessus, le rapport s’inverse brutalement.

Le montant des dividendes ne déplace pas la bascule

À 30 000 € comme à 60 000 € de revenu, l’écart est identique : 520 €. Ce qui décide, c’est la tranche dans laquelle tombent les dividendes, pas leur volume — tant qu’ils ne font pas eux-mêmes changer de tranche.

Les plus-values changent la donne

L’abattement de 40 % ne s’applique qu’aux dividendes. Une plus-value sur titres acquis depuis 2018 entre au barème pour la totalité de son montant, ce qui supprime le principal avantage de l’option.

Pour la même personne seule disposant de 40 000 € de revenus et réalisant 15 000 € de plus-values, l’impôt sur le revenu s’élève à 7 024 € avec le forfait contre 9 604 € au barème : 2 580 € d’écart, cette fois nettement en faveur du forfait.

Même logique, en plus discret, sur les intérêts : 4 000 € d’intérêts pour un revenu de 25 000 € donnent 1 756 € avec le forfait contre 1 883 € au barème.

Une option globale et annuelle

C’est la contrainte que l’on découvre trop tard : l’option pour le barème est globale. Elle emporte tous les revenus et gains de capitaux mobiliers de l’année — impossible de la retenir pour les dividendes et de garder le forfait pour les plus-values.

Un foyer modestement imposé qui perçoit des dividendes et réalise une plus-value importante doit donc arbitrer sur le total, pas ligne par ligne. C’est précisément ce que le simulateur calcule.

L’option se coche chaque année sur la déclaration, à la case 2OP, et n’engage pas les années suivantes.

Ce calcul ne remplace pas un examen de votre situation

Les montants ci-dessus comparent deux modalités d’imposition sur des hypothèses simples. Ils ne tiennent compte ni des titres acquis avant 2018, ni des revenus de source étrangère, ni des contributions sur les hauts revenus. Ce site chiffre des règles fiscales ; il ne recommande aucun placement.

Questions fréquentes

La flat tax est-elle toujours plus avantageuse ?

Non. Sur des dividendes, l’abattement de 40 % et la CSG déductible peuvent rendre le barème moins coûteux lorsque le revenu du foyer le place dans la tranche à 11 %. Au-delà, dans la tranche à 30 %, le prélèvement forfaitaire redevient le moins cher.

Pourquoi parle-t-on de 30 % ?

Le prélèvement forfaitaire unique additionne 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux, soit 30 % au total. Seule la part de 12,8 % change si vous optez pour le barème.

L’abattement de 40 % s’applique-t-il aux plus-values ?

Non. Il ne concerne que les dividendes et distributions assimilées. Une plus-value sur titres acquis depuis 2018 entre au barème pour son montant intégral, ce qui rend l’option nettement moins intéressante.

Peut-on choisir le barème pour certains revenus seulement ?

Non. L’option pour le barème est globale : elle s’applique à l’ensemble des revenus et gains de capitaux mobiliers de l’année. Elle se coche chaque année sur la déclaration, à la case 2OP.

D’où viennent ces chiffres

Le prélèvement forfaitaire unique est prévu par l’article 200 A du code général des impôts, l’option globale pour le barème par son 2, et l’abattement de 40 % par l’article 158, 3, 2° du même code. La CSG déductible relève de l’article 154 quinquies.

Comparaison établie pour l’imposition 2026 des revenus 2025, vérifiée le 9 août 2026. Voyez aussi la page méthodologie et les sources officielles.

Comparez sur vos propres chiffres

La bascule dépend de votre revenu, de votre nombre de parts et de la nature de vos revenus du capital. Le simulateur calcule les deux options côte à côte et affiche l’écart en euros.

Ce résultat est une estimation, calculée à partir de ce que vous avez saisi et des règles fiscales en vigueur. Ce n’est pas un calcul officiel, ni un conseil juridique ou fiscal. Faites-le vérifier avant toute décision par le professionnel compétent : notaire, avocat fiscaliste, expert-comptable ou administration fiscale.