Un abattement par parent et par enfant
Donner de son vivant obéit au même barème qu’une succession, mais avec un avantage décisif : l’abattement se recharge. Chaque parent dispose de 100 000 € d’abattement envers chacun de ses enfants.
Ce détail change tout, parce que l’abattement se compte par couple donateur-bénéficiaire, pas par donation ni par foyer :
- Un parent seul transmet 100 000 € à son enfant sans droits.
- Deux parents transmettent 200 000 € au même enfant, chacun puisant dans son propre abattement.
- Un couple avec trois enfants transmet ainsi 600 000 € en une seule fois, sans que l’administration ne réclame quoi que ce soit.
L’abattement se compte en argent, pas en nombre de dons
Le barème au-delà de l’abattement
Une fois l’abattement épuisé, le solde est taxé selon le barème en ligne directe — le même qu’en matière de succession.
| Part taxable | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
La tranche à 20 % s’étend sur plus d’un demi-million d’euros. En pratique, la très grande majorité des donations familiales s’arrêtent à ce taux : les tranches supérieures ne concernent que les transmissions au-delà de 652 324 € donnés à un même enfant par un même parent.
Trois donations chiffrées
Voici ce que réclame l’administration pour une donation d’un parent à son enfant, quand l’abattement n’a jamais été entamé.
| Somme donnée | Part taxable | Droits | Reste à l’enfant | Taux réel |
|---|---|---|---|---|
| 100 000 € | 0 € | 0 € | 100 000 € | 0 % |
| 150 000 € | 50 000 € | 8 194 € | 141 806 € | 5,5 % |
| 200 000 € | 100 000 € | 18 194 € | 181 806 € | 9,1 % |
| 300 000 € | 200 000 € | 38 194 € | 261 806 € | 12,7 % |
Le taux affiché dans la dernière colonne est le taux réel, rapporté à la somme donnée. Il reste très inférieur au taux marginal de 20 %, parce que l’abattement absorbe la première tranche et que le barème est progressif.
Et si les deux parents donnent : une donation de 300 000 € répartie entre père et mère, soit 150 000 € chacun, coûte deux fois 8 194 €, c’est-à-dire 16 388 € au lieu de 38 194 €. La même somme, le même enfant, 21 806 € d’écart.
La règle des quinze ans
L’administration additionne toutes les donations consenties entre les deux mêmes personnes au cours des 15 dernières années. Ce qui est plus ancien disparaît complètement du calcul.
Cette remise à zéro porte sur deux choses, et c’est la seconde qu’on oublie : l’abattement se reconstitue, mais les tranches déjà consommées se libèrent aussi. Une donation passée n’oblige donc plus à repartir dans les tranches hautes.
Le compteur part de la donation, pas de l’année civile
Ce qui s’ajoute à l’abattement
L’abattement de 100 000 € n’est pas le seul dispositif. Deux autres se cumulent avec lui, ce qui est précisément leur intérêt.
- Le don familial de somme d’argent : 31 865 € supplémentaires, réservés à l’argent et soumis à des conditions d’âge. Cumulé avec l’abattement, un parent transmet 131 865 € sans droits. Le détail est dans l’article qui lui est consacré.
- L’abattement en faveur d’une personne handicapée : 159 325 €, qui s’ajoutent également à l’abattement ordinaire.
Les autres liens de parenté disposent de leurs propres montants, nettement plus modestes : 31 865 € par grand-parent et petit-enfant, 5 310 € pour un arrière-petit-enfant.
Les erreurs qui coûtent cher
Trois situations reviennent constamment, et chacune se paie au moment de la succession plutôt qu’au moment du don.
- Ne pas déclarer un don manuel. Un virement à un enfant reste une donation. Non déclaré, il ne fait pas courir le délai de quinze ans : le compteur ne démarre jamais, et l’abattement n’est pas réputé consommé — mais il ne sera pas non plus réputé disponible le jour où l’administration découvrira le virement.
- Donner à un seul enfant sans y penser. Une donation non rapportée déséquilibre le partage au décès. Les autres héritiers peuvent en demander le rapport.
- Confondre donation et présent d’usage. Un cadeau proportionné à un événement et au train de vie échappe aux droits ; une somme importante hors occasion est une donation, quelle que soit l’intention.
Une donation immobilière suppose par ailleurs un acte notarié : les droits calculés ici ne comprennent ni les émoluments du notaire, ni la taxe de publicité foncière.
Questions fréquentes
Combien peut-on donner à son enfant sans payer de droits ?
100 000 € par parent et par enfant. Un couple transmet donc 200 000 € à chacun de ses enfants sans droits de donation. L’abattement se reconstitue intégralement au bout de quinze ans.
Quels sont les droits sur une donation de 150 000 € à un enfant ?
Après l’abattement de 100 000 €, la part taxable est de 50 000 €. Le barème en ligne directe donne 8 194 € de droits, soit un taux effectif de 5,46 % sur la somme donnée.
L’abattement de 100 000 € est-il valable une seule fois ?
Non. Il se recharge tous les quinze ans. Une donation faite il y a plus de quinze ans est totalement oubliée par l’administration : l’abattement est de nouveau disponible en entier.
Qui paie les droits de donation ?
En principe le bénéficiaire. Le donateur peut toutefois les régler à sa place, et cette prise en charge n’est pas considérée comme une donation supplémentaire.
D’où viennent ces chiffres
L’abattement en ligne directe est fixé par l’article 779 du code général des impôts, le barème par l’article 777, et le rappel des donations antérieures par l’article 784. L’abattement en faveur des personnes handicapées figure à l’article 779, II.
Barème 2026, vérifié le 9 août 2026. Voyez aussi la page méthodologie et les sources officielles.
Chiffrez votre propre donation
Les montants de cet article sortent du moteur qui alimente le simulateur. Indiquez le lien de parenté et la somme envisagée : l’abattement disponible, les droits et le net transmis s’affichent immédiatement.
Ce résultat est une estimation, calculée à partir de ce que vous avez saisi et des règles fiscales en vigueur. Ce n’est pas un calcul officiel, ni un conseil juridique ou fiscal. Faites-le vérifier avant toute décision par le professionnel compétent : notaire, avocat fiscaliste, expert-comptable ou administration fiscale.